STAGE 2003
 
L'équipe de stagiaires
Un stage a permis à neuf étudiantes de s'initier aux techniques de fouilles archéologiques. Du 5 mai au 6 juin 2003, elles ont procédé à la mise au jour et à l'analyse de nombreux artefacts dégagés du terrain. Découvrez l'équipe de stagiaires 2003.
 
 
 
Entrevue avec les stagiaires
Réalisée par Maude Désilets, étudiante en ethnologie
Durée : 2 min 27 s
 
 
 
Fouilles au féminin
 
Cinq semaines ont suffi pour transformer radicalement le site de l'École de fouilles 2003. Un changement difficile à reconnaître pour le fouilleur accoutumé à l'endroit et obnubilé par son travail. Heureusement, les photographies prises en début de fouilles nous rappellent le chemin parcouru.

Chemin qui, cette année, était particulier puisque l'équipe d'étudiants était composée uniquement de filles. Nul besoin de vous cacher que nous ressentions une certaine crainte au départ, une peur que des querelles éclatent.

Or, l'École de fouilles fut une entreprise fructueuse qui nous a permis de mettre en valeur nos différents caractères en partie grâce au sens de l'humour qui, je crois, a été la clef de ce succès. C'est donc à coup de truelle que le XVIII et le XIX siècle se sont dévoilés. L'une de nos équipières s'est aussi affairée à un travail ethnologique portant sur les rapports entre les visiteurs et les archéologues sur le site.

La transformation ne s'est pas limitée au site, l'archéologue aussi change. On apprend à être seul, trois mètres sous le niveau du sol, à réfléchir à ce que l'on doit faire car il n'y a aucun manuel qui peut expliquer chaque découverte.

Il suffit d'un coup de truelle pour que l'univers que l'on s'était créé soit bouleversé. Ce que nous croyions découvrir nous fait faux bond, quelque chose d'inattendu se dégage. Le cerveau bouillonne alors d'idées qui, quelquefois, sont des plus farfelues. Un nouveau regard à notre surface de fouille, un autre coup de truelle et tout se clarifie. Sinon, c'est avec joie et curiosité qu'un membre de l'équipe vient vous éclairer. L'entraide devient primordiale.

Quelques trouvailles étonnent toujours, mais les archéologues sont, je crois, de loin beaucoup plus stupéfiants. Je n'ai qu'à prendre l'exemple de la découverte d'un chandail entier, mais assez troué, qui a créé l'émoi auprès de l'assistant qui s'en est amouraché, le portant fièrement lors des fouilles. Dans un autre cas, le dégagement d'une partie d'un mur de la célèbre Canteen à Jos Beef, un tavernier gardant un ours dans sa cave, a éveillé l'esprit imaginatif du professeur. Vous pouvez toujours chercher l'analogie entre Jos Beef et mon nom (ajoutez deux e à Jos et francisez Beef, vous verrez pourquoi). Après maintes taquineries, j'ai décidé d'approfondir mes connaissances sur ce personnage, j'ai ainsi pu démontrer que je ne suis pas une descendante de celui-ci, contrairement à ce qu'on avait cru. L'homme en question, un vétéran de la guerre de Crimée, s'appellait Charles McKiernan. Cantinier de son état, il est mort en 1889 avec la somme de 80 000 $ à son actif, et après avoir aidé les miséreux pendant des années.

Ce sont toutes ces découvertes, petits moteurs d'un voyage à travers le temps, qui nous font fabuler. Après tout, ce n'est pas le trou dans le sol laissé par la recherche qui est le plus impressionnant, mais l'imaginaire de la personne qui le contemple. Il est peut-être plus aisé pour l'archéologue de s'abandonner à ce plaisir qui ne lui est pas exclusivement réservé. En effet, ce dernier peut facilement le partager avec les visiteurs découvrant un site totalement transformé.
 
Josée Leboeuf
Stagiaire en archéologie, 2003
 
Note de référence : LEBOEUF, Josée, 2003, Fouilles au féminin et fascinantes trouvailles, La Recrue, vol. 9, no 3, p. 5.