À gauche, plan du fort Ville-Marie attribué à Jean Bourdon, mais dont l'authenticité ne fait pas l'unanimité.
 
 
La découverte du fort Ville-Marie
Depuis le 19e siècle, les historiens s’entendent pour situer le fort Ville-Marie sur une pointe de terre formée par la confluence du fleuve Saint-Laurent et de la petite rivière Saint-Pierre. Par contre, l’aménagement initial du fort n’est pas connu avec précision, ni pour ce qui est de ses limites, ni pour son organisation interne. Aucun plan ne permet de le visualiser, à l’exception possible de celui de l’ingénieur royal Jean Bourdon. Toutefois, l’authenticité de ce plan n’a jamais fait l’unanimité. Les traces documentaires du premier établissement de Montréal construit en 1642 subsistent jusqu’en 1683, année où le dernier édifice, la maison du gouverneur sera démoli. Par la suite, la mémoire du lieu de fondation de Montréal se perd dans le temps.
 
Malgré les travaux municipaux entrepris chaque année dans le Vieux-Montréal, personne n’avait encore retrouvé de traces archéologiques du fort Ville-Marie. Or, l’acquisition de l’entrepôt Townsend par Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal rend accessible aux chercheurs un terrain au potentiel archéologique majeur. En effet, situé en plein cœur du site du fort Ville-Marie, l’édifice sis au 214, de la place D’Youville est dépourvu de fondations profondes, par ce fait même le sous-sol est demeuré intact ce qui est rare dans le quartier historique.
 
Dès la première campagne de fouilles, les archéologues ont trouvé des signes d’activité humaine datant de la période du fort. Mais, une vision d’ensemble du site ne se dégage que très lentement.
 
En 2004, le chantier s’est terminé sur une note de grande exaltation. Les fouilles mènent à la découverte d’un puits associé à un acte notarié de 1658. L’année suivante, de précieux vestiges se révèlent : un bâtiment secondaire, peut-être la cuisine, et une clôture qui séparait deux aires d’occupation. L’une de ces aires était parsemée de lentilles de cendre et d’ossements d’une trentaine d’espèces. L’autre aire, avec résidus de combustion, pourrait être un four à pain.
 
Les recherches de l’été 2006 permettent une avancée majeure : un mur de maçonnerie a été mis au jour. « Bien que nous ne sachions pas à quel élément du bâtiment appartient cette structure, nous pouvons attester qu’il s’agit d’une construction appartenant au fort Ville-Marie, notamment par les matériaux utilisés et l’orientation des vestiges similaires à ceux déjà découverts. », mentionne Brad Loewen, directeur du projet et professeur à l’Université de Montréal.
 
Aujourd’hui, les équipes de l’Université de Montréal et de Pointe-à-Callière estiment avoir réuni assez d’éléments pour confirmer l’emplacement exact du premier établissement construit lors de la fondation de la ville par Paul Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance en 1642!