Charles Paquin, stagiaire en archéologie, 2009
Photo : Alain Vandal, Pointe-à-Callière
 
STAGE 2009
 
Équipe
Brad Loewen, professeur (Université de Montréal), Christian Bélanger, archéologue (Université de Montréal), Monique Laliberté et Suzanne Lachance, spécialistes de la culture matérielle (Université de Montréal), Alain Vandal, responsable de la logistique (Pointe-à-Callière), Louise Pothier, directrice intérim Conservation et programmes public
 
Stagiaires : Daïe Barklay, Maude Chapdelaine, Philippe Charette, Vincent Delmas, Sophie Ferragne, Marijo Gauthier-Bérubé, Coralie Laurendeau, Alex Lefrançois-Leduc, Delphine Léouffre, Charles Paquin
 
Assistantes : Valérie Janssen, Marie-Claude Brien, Theresa Gabos
 
 
L’École de fouilles 2009 : mon expérience
 
L’école de fouilles 2009 dans le Vieux-Montréal était ma première « vraie » expérience en archéologie. Expérience pratique, on s’entend; j’avais déjà deux ans de cours théoriques en anthropologie derrière la cravate. Il était temps de mettre tout ça en pratique, et pas n’importe où : sur le lieu de fondation de Montréal. Le stage consistait en une initiation pratique aux fouilles en archéologie historique. Pendant cinq semaines bien remplies, nous avons donc appris à agir, à raisonner et à nous exprimer comme des archéologues professionnels.

Tout ça commençait avec la fouille elle-même et sa préparation : arpentage du carré de fouilles, croquis du lot, photo, sac d’artefacts. Puis on nous a montré les techniques de fouille, parce que l’archéologie ne se résume pas à creuser avec une pelle jusqu’à ce qu’on tombe sur un trésor, ou à vivre d’incroyables aventures en détruisant tout sur son passage. Indiana Jones et Tomb Raider, on oublie ça. Il s’agit plutôt de décaper le sol de couche en couche (parfois très minces ou très épaisses) et de noter toutes les informations pertinentes afin qu’une personne lisant plus tard le rapport de fouilles puisse interpréter le site comme si elle l’avait fouillé elle-même. Le travail de l’archéologue se poursuit avec le traitement des artefacts, soit le lavage suivi du numérotage et de l’inventaire.

Une autre facette de notre travail consistait à pouvoir communiquer notre savoir et vulgariser notre compréhension du site. Ainsi, lors de la Journée des musées montréalais, nous avons servi de guides aux visiteurs. Nous avons donc présenté au public le site de l’école de fouilles et diverses facettes de l’archéologie historique montréalaise en nous servant de nos connaissances acquises lors de la fouille et à travers nos lectures. C’est une expérience que j’ai personnellement bien aimée. Je trouve en effet très intéressant et bénéfique pour l’archéologie de pouvoir informer les gens et de communiquer notre passion.

J’ai beaucoup apprécié le stage dans son ensemble malgré l’énorme quantité d’informations que nous avons dû maîtriser (travail pratique, lectures, évaluations) et la rigueur du travail qui nous a causé quelques inconforts et douleurs musculaires... L’archéologie est bien sûr une expérience mémorable pour ses découvertes et je me souviendrai toujours de « mes objets », ceux que je suis fier d’avoir trouvé : perles, bouton de cuivre, balles de plomb, céramique, pipes, os d’animaux, etc. D’ailleurs, nous avons mis au jour cette année un mur de maçonnerie intriguant dont la fonction nous échappe encore… Sans oublier une tranchée qui a révélé les traces de trous de poteaux de l’époque du fort de Ville-Marie, qui séparait alors deux zones aux fonctions différentes dont l’une contenait un dépotoir. Et puis comment oublier les gens rencontrés, la camaraderie et l’esprit d’équipe qui règnent durant le stage! Passer cinq semaines ensemble autour d’un projet commun crée inévitablement des liens et je suis heureux d’avoir pu rencontrer tous les stagiaires et responsables.

 
Charles Paquin
Stagiaire en archéologie, 2009
 
Note de référence : PAQUIN, Charles, automne hiver 2009, L’École de fouilles 2009 : mon expérience, La Recrue, vol. 15, no 3