Mémoire urbaine
Pourquoi Montréal a-t-elle été fondée à cet endroit? Comment le lieu de naissance de la ville a-t-il été préservé dans la mémoire urbaine? Tantôt légèrement tantôt lourdement, chaque génération a modifié le sens du lieu de fondation de Montréal. À l’aide des vestiges laissés dans le sol au fil des époques, l’équipe de l’École de fouilles s’affaire à le retracer. Le site est donc unique, comme l’explique Jean-Guy Brossard, responsable de l'archéologie à Pointe-à-Callière.
 
La caverne d’Ali Baba
Dudley Roy Townsend a acheté le 211, rue de la Commune et le 214, place d’Youville en 1927, après les avoir loués pendant quelques années. L’avitailleur utilise les locaux donnant sur la place d’Youville pour l’entreposage et le chargement des denrées et marchandises qu’il vend aux navires qui appareillent pour de longues semaines en mer ou sur les Grands Lacs.
 
La compagnie offre tout le nécessaire pour que le navire et son équipage fassent bon voyage : des fournitures pour la salle des machines et l’entretien des ponts, des cordages et d’autres produits de quincaillerie maritime, des articles d’hygiène personnelle et de la nourriture, et même les films que verra l’équipage!
 
Le port de Montréal accueillait des navires battant pavillon de différents pays. Un bon avitailleur savait satisfaire tous les goûts. Il avait notamment de l’huile d’olive en quantité pour les équipages grecs, des poissons fumés pour les Scandinaves et du bœuf salé pour les Britanniques. Il offrait les épices et les herbes propres à chaque tradition culinaire, qu’elle soit chinoise, indienne ou arabe.
 
En quelques décennies, la compagnie Townsend est devenue le plus gros avitailleur de l’est du Canada et l’un des deux plus importants au pays. C’est dire l’activité qui régnait au 214, place d’Youville pendant les années 1950 et 1960. Townsend employait alors sept agents qui parlaient tous plusieurs langues. Une vingtaine de personnes travaillaient à l’entrepôt ou à l’administration, dont plusieurs dans les bureaux aménagés à l’étage du 214.
 
 
La Townsend a cessé ses activités en 1998. En 2000, la Fondation de Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, Pointe-à-Callière achetait de la famille Townsend la portion nord de la propriété en raison de sa valeur archéologique. Les anciens bureaux de l’avitailleur allaient désormais être utilisés pour inventorier et cataloguer les objets retrouvés sur le site de l’École de fouilles.
 
D'hier à aujourd'hui