STAGE 2004
 
Équipe
Depuis 2002, l’École de fouilles a permis à 26 étudiants de s’initier aux techniques de fouilles archéologiques. L’équipe de 2004 est la plus grosse équipe à avoir investi le site. Du 3 mai au 5 juin 2004, douze stagiaires ont fouillé avec ferveur les sols de l’époque du Régime français.
 
 
Une aventure à travers le temps
 
Il y a plusieurs années, alors que j’étudiais au cégep, j’ai eu la chance de visiter le musée Pointe-à-Callière dans le cadre d’un cours d’archéologie. J’ai eu un grand choc cette journée-là, tous ces vestiges et ces objets du passé qui venaient me raconter l’histoire de ma ville natale et celle de mon ancêtre français, Pierre Désautels dit Lapointe. Elle m’inspira tellement que je décidai d’étudier en archéologie.

Un an plus tard, je me retrouvais sur les bancs de l’Université de Montréal en anthropologie. À la fin de ma deuxième année universitaire, je fus choisi comme stagiaire par l’École de fouilles archéologiques de Pointe-à-Callière, qui est dirigée par une équipe d’archéologues de notre Département d’anthropologie. Ce stage s’est déroulé sur la pointe à Callière, dans le Vieux-Montréal, sur le site présumé du fort Ville-Marie construit en 1642.

Dès le premier jour, j’appris les techniques de préparation qui précèdent la fouille archéologique. Au troisième jour, je pus aller au laboratoire afin de découvrir les objets que notre équipe avait trouvés. On m’y enseigna comment les nettoyer, comment les diviser en catégories afin de pouvoir mieux les analyser et découvrir leurs secrets. Je me souviens particulièrement de la première semaine de fouilles, j’avais mal aux pieds et à la main droite à force de creuser et de répéter les mêmes gestes en étant toujours dans la même position (c’est-à-dire à genoux!). De plus, il fallait s’instruire à la maison en faisant la lecture d’un recueil de notes sur l’histoire du site, les techniques de fouilles archéologiques, etc.

Durant ce stage, je me sentais excessivement privilégié de pouvoir participer à la découverte de notre patrimoine et de pouvoir travailler dans un environnement si inspirant. Ce stage m’a permis de savoir enfin ce qu’est véritablement l’archéologie : une discipline qui exige un effort physique constant (lors des fouilles), une vigilance accrue (détecter les artéfacts) et de grandes connaissances (pour comprendre le site et ses fonctions).

Plus que tout, les émotions que j’ai ressenties lors cette expérience ont été nombreuses et révélatrices : imaginez un instant que vous creusiez à l’endroit où votre propre ancêtre a sûrement vécu, que le site retrace une importante partie de notre histoire et de notre culture. Je pense que personne ne demeurerait insensible. Bref, cette aventure à travers le temps m’a permis de mieux comprendre nos racines, ce que nous sommes et ce que nous avons entrepris sur ce continent. Le temps file entre nos doigts, seules l’histoire et l’archéologie nous permettent de le rattraper.
 
Marc-André Chevrette
Stagiaire en archéologie, 2004
 
Note de référence : CHEVRETTE, Marc-André, été 2004, Une aventure à travers le temps, La Recrue, vol. 10, no 3, p. 5.