La chaîne opératoire
La démarche archéologique comporte plusieurs étapes. Ce processus met en relief des résultats scientifiques qui sont ensuite mis en valeur grâce aux publications spécialisées, ouvrages de vulgarisation, expositions, etc.
 
Étape 1 : consulter les sources d'information
Tout projet en archéologie historique débute par l'analyse des informations disponibles sur le site retenu. Actes de concession ou de vente, cartes et plans, fonds, correspondance officielle de la colonie, journaux de voyage et correspondance des particuliers peuvent fournir des renseignements permettant de bien cerner l'emplacement d'un site historique et d'établir les différentes phases de son histoire.
 
Étape 2 : explorer pour repérer les vestiges
L'intégrité des couches archéologiques anciennes n'étant pas toujours préservée, il faut vérifier où se trouvent les vestiges et s'ils ont été perturbés par des constructions plus récentes. Le forage (prélèvement d'une carotte du sol) donne un aperçu des sols accumulés et peut aussi indiquer l'emplacement des vestiges. L'excavation exploratoire permet ensuite de mieux comprendre la séquence des dépôts historiques, de cerner l'emplacement d'un site historique et d'établir les différentes phases de son histoire.
 
Étape 3 : fouiller le sol méthodiquement
Divisée horizontalement et verticalement, l'aire de fouilles se compose de carrés identifiés selon leur position, leur profondeur et l'année de la fouille. Dès que l'exploration d'une couche est complétée, la photographie du carré, son dessin en plan, la mesure de l'altitude ainsi que la description des opérations et des découvertes doivent être consignés. Les objets doivent être remis à l'atelier de traitement.
 
Étape 4 : nettoyer et classer des objets
Après avoir été nettoyés, les artefacts sont numérotés selon l'endroit précis où ils ont été trouvés. Ils sont ensuite identifiés selon le matériau dont ils sont faits et leur fonction. Mis au point par les archéologues, un système permet de classer la majorité d'entre eux; il compte de nombreuses catégories et sous-catégories. Les artefacts sont entreposés selon ces mêmes règles et peuvent être utilisés à l'occasion de recherches ou de projets de mise en valeur.
 
Étape 5 : faire l'inventaire des découvertes
Complété à l'aide d'un logiciel, l'inventaire des objets découverts permet de faire des recoupements entre les types d'objets et les couches archéologiques. La succession chronologique des couches ainsi que la popularité de certains objets à des époques précises permettent de bien comprendre la chronologie d'un site. Tenant compte des activités humaines dont témoignent les objets, l'archéologue propose dans son rapport une interprétation de chaque couche en la situant dans le temps.
 
Étape 6 : intégrer les résultats à l'histoire
Le recoupement fin de la chronologie historique d'un site et des informations archivistiques le concernant comportent parfois des surprises. De nouvelles recherches susceptibles d'en approfondir la compréhension sont alors souvent entreprises. Le but de l'archéologie est d'intégrer à l'histoire les connaissances acquises grâce aux fouilles. Elle est bien plus qu'une série de techniques.
 
Étape 7 : diffuser les résultats
Le travail de l'archéologue consiste aussi à faire connaître les résultats de ses recherches à ses pairs autant qu'au grand public. Voilà pourquoi le 1 juin 2003, à l'occasion des activités Archéo! dimanche, le public était invité à visiter le site de fouilles du 214, place D'Youville. Archéologie urbaine, lieu de fondation et de développement de Montréal, artefacts, écofacts : cette journée animée par les stagiaires de l'École de fouilles a fait honneur à la vulgarisation scientifique.