Un puits? Pas tout à fait. Sous les murs apparaissant sur cette photo, on a trouvé une partie d’une grande fosse circulaire, creusée profondément dans le sol à l’époque. Les murs quant à eux sont associés à des bâtiments construits après l’abandon du puits.
Le puits de Maisonneuve
Le chantier 2004 s’est terminé sur une note de grande excitation. La raison? Les archéologues ont découvert une fosse circulaire s’enfonçant profondément dans le sol naturel. Serait-ce le puits creusé en 1658 sur la place d’armes du fort Ville-Marie, en face de la maison seigneuriale qu’habitait Maisonneuve?
 
La construction du fort Ville-Marie est entreprise l’année même de la fondation de Montréal. Quatre ans plus tard, en 1646, les fortifications en pieux, entrecoupées de quatre bastions, sont complétées. Derrière cette palissade, la maison seigneuriale surmontée d’un canon où loge Maisonneuve, quelques habitations, une chapelle, un hôpital, sont à l’abri des raids iroquois.
 
C’est ce que dit l’histoire. L’archéologie, elle, n’a pas encore parlé. Ce ne saurait tarder. Sur le site de l’École de fouilles, les indices de la proximité du fort Ville-Marie se multiplient.
 
Le remblai mis en place lors de la construction du château de Callière a isolé et préservé les contextes archéologiques antérieurs, entre autres deux fosses qui ont pu servir de latrines aux premières générations de Montréalais.
 
Mais c’est un autre creusement qui intrigue les archéologues. À plus de huit pieds dans le sol naturel, sous la nappe phréatique, le fond n’est pas encore atteint. Des vestiges fugaces de bois imprégné d’oxyde de fer laissent supposer un coffrage de forme circulaire, tel un immense tonneau aux cerceaux de métal.
 
Serait-ce le puits du fort Ville-Marie? Un contrat de 1658 entre le sieur Maisonneuve et un certain Jacques Archambault prévoit le creusement « d’un puits dans le fort de villemarie au milieu de la Court ou place d'armes ». L’ouvrage devra avoir cinq pieds de diamètre, et du bois sera fourni à l’ouvrier pour le soutien des parois.
 
Cette découverte, on l’imagine bien, suscite un grand intérêt. D’autant plus que plusieurs objets témoins de la vie durant les premières décennies de l’histoire montréalaise ont été retirés de cette fosse : trois douelles ou planches de tonneau, des fibres de vannerie, des débris de construction en bois et deux tessons de terre cuite commune de facture locale.