Commerce des pelleteries
détail, illustration ©Francis Back
Nom d’une pipe!
Les Européens ont emprunté aux Amérindiens l’usage de la pipe. Dès son premier voyage, en 1534, Jacques Cartier décrit les morceaux de bois ou de pierre évidés dont se servent les populations amérindiennes pour fumer le tabac. Les Iroquoiens du Saint-Laurent utilisaient aussi des pipes de terre cuite. Un fragment de pipe iroquoienne du Sylvicole supérieur (1400-1650) a été découvert lors de la campagne de fouilles 2004.
 
 
S’inspirant des Amérindiens, certains des Européens qui ont sillonné la Nouvelle-France au XVII et au XVIII siècles fabriquaient leur pipe. On a trouvé un fragment de ce type sur le site de l’École de fouilles. Il est en stéatite blanchie par le feu. Seule la base dans laquelle s’insérait le tuyau et qui supportait le fourneau a été retrouvée. Une perforation suggère que les deux pièces étaient amovibles. Les voyageurs pouvaient glisser le tuyau dans une poche et attacher le fourneau avec une lanière et le porter autour du cou.
 
Quatre fragments de pipes de la fin du XVII ou du début du XVIII siècle, retiennent aussi l’attention : un fragment en pierre d’un fourneau à plan carré et à tuyau amovible retrouvé dans le contexte de la construction du château de Callière; une partie du tuyau orné d’une pipe de facture hollandaise du XVII siècle; un morceau de fourneau vraisemblablement en pierre noire, dont la glaçure signale une facture française; et, ce qui est très rare, le fragment d’une pipe en porphyre qui pourrait provenir des Pays-d’en-Haut, au nord des Grands Lacs.
 
 
Les pipes en terre cuite fine (kaolinite) sont importées d’Europe jusqu’au milieu du 19e siècle. À l’extérieur de la Hollande, Londres et Bristol sont des centres de production majeurs. Les fouilles de 2002 ont mis au jour des morceaux d’une pipe fabriquée par Robert Tippet, de Bristol, au début du 18e siècle (1700-1730). Ce manufacturier identifiait sa production à l’aide d’un médaillon à ses initiales sur le fourneau. Les fouilles de 2004 ont rapporté les fragments du fourneau d’une pipe dont les initiales HG sous le talon révèlent l’origine hollandaise. Elle est sensiblement de la même période (1680-1720) que la première.
 
Les premiers pipiers canadiens ont émergé aux alentours de 1840. L’assemblage réuni depuis le début des fouilles comprend des pipes fabriquées par la W&D Bell de Québec (1862-1877) et par deux compagnies montréalaises : Henderson (1847–1876) et Bannerman (1858-1907). Les pipes importées n’avaient pas disparu pour autant. À preuve, un fragment de tuyau portant la signature de Coghill, de Glasgow en Écosse (1826 à 1899), fait partie du lot.
 
Pour plus d’information : « Une pipe à tuyau amovible »